Bulletin Santé Publique France
05.06.2026
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Chutes après 65 ans : les chiffres qui ne peuvent plus attendre

Chutes chez les seniors : hospitalisations, décès, prévention… que révèlent les chiffres de Santé publique France ?

Hospitalisations et mortalité en lien avec une chute chez les personnes de 65 ans et plus en France. Données 2015-2024.

 

Une réalité démographique qui n'attend pas

Le vieillissement de la population française constitue un défi structurel majeur pour l'organisation des soins et de l'accompagnement médico-social. D'après les projections de l'INSEE, la proportion de personnes âgées de 65 ans et plus devrait passer de 21 % en 2021 à 26 % en 2040, portée essentiellement par la hausse des 75 ans et plus. En l'absence d'intervention de santé publique, cette évolution démographique entraînera une augmentation mécanique et significative du nombre de chutes, de leurs conséquences, et de leur coût pour la société.
Les chutes représentent la première cause de décès accidentel après 65 ans et la principale cause d'hospitalisation pour traumatisme. Elles entraînent des répercussions majeures sur l'autonomie des personnes qui en sont victimes, sur leur qualité de vie et sur celle de leurs proches aidants. La chute n'est pas un événement isolé — elle est le plus souvent le révélateur d'une fragilité sous-jacente, le signal d'un basculement possible vers la perte d'autonomie irréversible.
 

Des chiffres nationaux en rupture de tendance

Le bulletin épidémiologique de Santé Publique France publié en mars 2026, portant sur les données 2015-2024, dresse un tableau alarmant et documenté de la situation nationale.
En 2024, 174 824 hospitalisations en lien avec une chute ont été enregistrées chez les personnes de 65 ans et plus, soit une augmentation de 20,5 % par rapport à 2019. Sur la même période, 20 148 personnes sont décédées en lien avec une chute, soit une hausse de 18 %. La Cour des comptes estime le coût de prise en charge des chutes à près de 2 milliards d'euros par an, dont une partie est évitable par la prévention et la coordination.
Ces chiffres sont d'autant plus préoccupants que la mortalité toutes causes est en baisse depuis 2019 — alors que la mortalité liée aux chutes, elle, continue d'augmenter. La part des chutes dans la mortalité générale s'accroît donc structurellement, ce qui traduit un phénomène propre et durable, indépendant des fluctuations épidémiques.
L'aggravation est particulièrement marquée aux grands âges : le taux d'hospitalisation lié aux chutes est 8,6 fois plus élevé chez les 85 ans et plus que chez les 65-74 ans, et le taux de mortalité y est 29 fois plus élevé. Or ce sont précisément ces tranches d'âge dont la part dans la population augmente le plus rapidement.
 

Les Pays de la Loire : une région en première ligne

Les disparités régionales révélées par ce même bulletin placent les Pays de la Loire dans une situation singulière et urgente.
Entre 2019 et 2024, la région enregistre la plus forte augmentation du taux standardisé d'hospitalisation lié aux chutes de toute la France métropolitaine : +55,7 %, contre +20,5 % au niveau national.
Cette surreprésentation n'est pas un artefact statistique — elle reflète une dynamique territoriale réelle, qui appelle une réponse territoriale adaptée, coordonnée et outillée. Les efforts régionaux se poursuivent dans les territoires pour décliner le plan avec une proximité accrue avec les acteurs œuvrant dans la lutte contre la chute pour l'année 2026.